Recommandations et priorités de recherche
Recommandations de recherche
- Distinguer les différentes formes, niveaux de sévérité et durées de l’hyperacousie et de la sensibilité au bruit.
- Dans ce cadre, différencier les groupes de symptômes présentés par les patients.
- Présentent-ils une hypersensibilité au volume (hyperacousie d’intensité), de la douleur, une sensation de plénitude, des battements du tympan, …
- Inclure dans la recherche les patients sévères, ayant une tolérance trop faible pour quitter leur domicile (par exemple : questionnaires écrits, réunions virtuelles avec sous-titres et réponses écrites, tests de salive ou de sang à domicile, visites à domicile pour apprendre de leur expérience, …)
- Mener des études cliniques avec placebo et groupes de contrôle, lorsque cela est possible, pour tester l’efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale, des thérapies sonores et d’exposition, des injections de botox dans le muscle tenseur du voile du palais et des antidépresseurs tels que la clomipramine et la duloxétine (Cymbalta).
Priorités de recherche sur l’hyperacousie
- Identifier les causes et les mécanismes des rechutes, déterminer comment les prévenir et comment accélérer le temps de récupération.
- Créer un nouveau terme pour désigner les rechutes, qui reflète mieux la diminution de la tolérance (et donc de la qualité de vie) et/ou l’aggravation des symptômes après une exposition à un son déclencheur. Un terme similaire existe chez les patients atteints de ME/SFC : le malaise post-effort [1], qui décrit une aggravation des symptômes après un effort.
- Déterminer s’il existe des sous-types d’hyperacousie douloureuse en fonction des symptômes ressentis par les patients : La douleur peut être immédiate, retardée ou les deux. Certains patients s’améliorent avec la TCC et la thérapie sonore, d’autres non, voire empirent. Certains s’améliorent avec certains antidépresseurs comme la clomipramine [2], mais tout le monde ne rapporte pas d’amélioration avec ces médicaments. Certains patients s’améliorent naturellement avec le temps, d’autres non. La douleur peut être localisée à l’oreille, mais aussi s’étendre à d’autres zones de la tête et du cou.
- Quel est le rôle de la sensibilisation centrale [3] dans l’hyperacousie ?
- L’hyperacousie douloureuse peut-elle, dans certains cas, être une forme de douleur nociplastique [4] ?
- Identifier ou développer des médicaments qui n’ont pas d’effets secondaires tels que les acouphènes ou des troubles visuels.
- Quel est le rôle des troubles de la mâchoire, du cou et des épaules dans l’hyperacousie ?
- Quel est le lien entre l’hyperacousie, le syndrome du muscle tenseur du tympan, les acouphènes, les acouphènes réactifs, la neige visuelle (visual snow) et la sensibilité à la lumière ?
- Améliorer l’identification et les définitions de l’hyperacousie douloureuse, de l’hyperacousie d’intensité, du syndrome du muscle tenseur du tympan et des acouphènes réactifs.
- La cause de l’hyperacousie douloureuse se situe-t-elle principalement dans l’oreille moyenne / le nerf trijumeau, l’oreille interne ou le cerveau ?
- Développer des biomarqueurs pour les différentes formes d’hyperacousie.
- Identifier le rôle des facteurs génétiques dans les différents sous-types d’hyperacousie.
Recommandations de recherche sur les acouphènes réactifs
- Mener une étude sur l’expérience vécue des patients souffrant d’acouphènes réactifs, similaire à celle de Jahn et al. (2025) [5] pour l’hyperacousie douloureuse.
- Greenbergh & Leigh (2018) [6] offrent une bonne base pour développer ce type de recherche.
- Distinguer clairement dans la littérature les acouphènes réactifs, les acouphènes sensibles au son et les acouphènes stables.
- Lors de l’évaluation des traitements contre les acouphènes, vérifier si les acouphènes du patient sont réactifs et/ou sensibles au son, et si le traitement a un effet sur cette réactivité.
- Évaluer les sons/fréquences qui provoquent une réactivité chez un patient. Existe-t-il un lien avec la fréquence de ses acouphènes stables et/ou son audiogramme ?
- Réaliser des études contrôlées par placebo pour les différentes options de traitement utilisées pour les acouphènes réactifs.
Priorités de recherche sur les acouphènes réactifs
- Quel est le rôle des troubles de la mâchoire, du cou et des épaules dans les acouphènes réactifs ?
- Quel est le lien entre les acouphènes réactifs, les acouphènes (stables), l’hyperacousie et le syndrome du muscle tenseur du tympan ?
- Quel est le lien entre la sérotonine et les acouphènes (réactifs) ?
- Améliorer l’identification et les définitions des acouphènes stables, des acouphènes réactifs et des acouphènes sensibles au son.
- Développer des biomarqueurs pour distinguer les acouphènes réactifs des acouphènes stables.
- Les acouphènes réactifs sont-ils une forme de sensibilisation centrale ?
- Identifier les similitudes et les différences entre les acouphènes réactifs et l’hyperacousie d’intensité.
- Identifier le rôle des facteurs génétiques dans les acouphènes réactifs.

